Poèmes de jeunesse

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Un espoir, un regret.

Comme le grain de blé dans le sein de la terre,
Tout au long de l'hiver, cet espoir est resté ;
Et quand s'enfuit enfin tout ce froid détesté,
La sève en bouillonnant, gronde dans ses artères.

Mais que se passe-t-il ? Pourquoi cette langueur ?
Pourquoi ne jaillit-il pas en fureur sauvage ?
N'en saura-t-il jamais donc trouver le courage ?
Nature n'aime pas que tout traîne en longueur.

Et la petite graine s'endort à jamais,
Comme un bateau sombrant qui atteignait la rive,
Le naufragé qui meurt quand le secours arrive.
Il devra donc périr cet espoir que j'aimais ?

Ce que tu attendais, je n'ai su te le dire
Et je sens qu'à présent tu voudrais t'éloigner.
Je reste avec mes maux que tu pouvais soigner
Et je n'arrive même pas à te maudire.

Il était un espoir, né du cur de l'hiver.
Ce n'était qu'un soupir, guère qu'une bouffée ;
Ce n'est plus qu'un regret d'une graine étouffée.
Devant tant de gâchis, mon cur est à l'envers.
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© Vincent Herelle 2016