Poèmes de jeunesse

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Flamme noire.

(quasi double sonnet à Véronique)


Tout au fond de l'espace, il est des soleils noirs,
Brûlant d'un feu profond nourri de leur substance;
Mais qui peut assurer même leur existence ?
Car jamais, de son il, homme n'a pu les voir.

Le cur de ces soleils, en monstrueux couloir,
Absorbe la lumière au bout de son errance.
Si tu t'approches d'eux, laisse toute espérance
Car t'éloigner jamais n'est plus en ton pouvoir.

Mais le trou noir, dit-on, possède une autre face.
L'englouti rejaillit, quelque part dans l'espace,
En jet de blanches flammes, phare fabuleux.

Souvent tu m'apparais semblable au soleil noir
Car tu n'éblouis pas d'une absurde brillance.
Tu rayonnes avec d'autant plus de violence
Et l'Autre en est saisi, grand papillon du soir.

Quand tu aimes assez ce que dit ton miroir,
Tu fonces, bouscules, "vite" est ton exigence.
Mais, quand tu te replies sans plus croire à ta chance,
Tu consumes ton être en brûlant ton espoir.

Il est si malaisé de te suivre à la trace.
Heureux, celui qui aperçoit ton autre face,
Feu brillant, amical, aux reflets merveilleux

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© Vincent Herelle 2016