Révolution et Empire

. .

La Règle “JOMINI”– Listes d'Armées

Liste E7 : L'Irlande

.


Voici les listes d'armées pour ce ou ces pays.
.
Histoire.
Le roi d’Angleterre Jacques II avait été chassé de son trône en 1688 par Guillaume d’Orange et avait trouvé refuge auprès de Louis XIV. Il tenta de revenir par l'Irlande qu'il perdit en 1691 à la chute de Limerick fin 1691. Jacques II se replia définitivement sur la France avec les soldats irlandais qui avaient combattu à ses côtés et que la tradition a pris l’habitude de désigner comme les Wild Geese, les Oies sauvages. C'étaient 5 régiments d'infanterie de la brigade Mountcashel, ramenés à 3 à 2 bataillons de 8 compagnies,plus une dizaine de régiments restés sous le commandement de Patrick Sarsfield jusqu'au 24 février 1692. Il y avait aussi deux régiments de gardes à cheval formés en 1689 par Jacques II à son arrivée en Irlande, plus neuf régiments de cavalerie irlandaise passés en France en 1691.

Depuis, l'Irlande était sous le contrôle d'une classe dirigeante protestante constituée de membres de l'Église d'Irlande fidèles à la Couronne britannique avec un système institutionnel codifié dans les lois pénales. Comme en Angleterre, les protestants pouvaient voter selon un mode de suffrage censitaire, tandis que les catholiques se voyaient refuser le droit de vote et de représentation depuis 1728. Quand la France aida les Américains lors de leur guerre d'indépendance, Londres fit appel aux volontaires pour rejoindre les milices et défendre l'Irlande contre la menace d'invasion française. Plusieurs dizaines de milliers d'Irlandais rejoignirent les Volontaires irlandais, qui ensuite obtinrent quelques aménagements. En 1793, le Parlement adopta des lois autorisant les catholiques ayant une certaine fortune à voter, mais ils ne pouvaient ni être élus ni nommés fonctionnaires de l'État. En 1796 une expédition française vers la baie de Bantry avorte. Au début de 1798, la Société des Irlandais Unis, un groupe révolutionnaire et républicain, influencé par la Révolution américaine et la Révolution française, forte de 280 000 membres, se préparait. En mars 1798, la plupart des chefs furent arrêtés.

Première phase : l'insurrection de mai
Le soulèvement général fut fixé au 23 mai, sans aide française. L'insurrection étant mal coordonnée, les situations varient selon les régions.
A Dublin, mal organisés, les rebelles ne peuvent prendre le centre de la ville et font de la guérilla dans les comtés de Kildare et Wicklow. Environ 350 insurgés ayant fait leur soumission sont exécutés sommairement sur la plaine de Curragh.
Dans le comté de Wexford, plusieurs milliers d'Irlandais Unis et de defenders, pour la plupart armés de piques, écrasent la milice de Cork à Oulart Hill le 27 mai, puis prennent Enniscorthy (28 mai), Wexford (30 mai), New Ross (5 juin) et sont repoussés à Arklow le 9. 20 000 insurgés rassemblés près d'Enniscorthy sont écrasés le 21 juin par le général Lake qui reprend ensuite Wexford.
En Ulster dans le comté d'Antrim, Henry Joy McCracken avec plusieurs milliers d'Irlandais Unis ne peut prendre Antrim le 7 et les insurgés se dispersent. Joy McCracken est arrêté et exécuté début juillet.
Dans le comté de Down, 4 000 rebelles de Henry Munro sont écrasés le 13 juin à la bataille de Ballynahinch par les 2 000 soldats du major-général George Nugent. Les pertes sont 6 tués loyalistes et 14 blessés contre 400 irlandais. Munro fut pendu après la bataille.
Dés la fin du mois de juin, l'insurrection ne représente plus une menace pour le gouvernement irlandais.

Deuxième phase : les français
La Royal Navy a la maîtrise de la mer aussi seules de petites expéditions françaises peuvent arriver en Irlande. La première était un millier d'hommes, avec seulement 43 cavaliers, commandés par le général Humbert, débarqués le 22 aout 1798 à Killala. Renforcés d'un millier d'irlandais, ils battent le 27 aout, à Castlebar, 6 000 soldats britanniques commandés par le général Lake, avec une douzaine de pièces d’artillerie Les anglais partirent si vite et si loin qu'on l'a appelé la « course de Castlebar ». Mais français et irlandais sont encerclées, le 8 septembre, à Ballinamuck par 20 à 30 000 britanniques tandis que seuls 500 irlandais les rejoignent sur les 10 000 prévus. Ils doivent capituler le 15 septembre.

La République irlandaise de 1798, aussi appelée la République du Connaught, qui allait de Galway à Sligo (Irlande), fut proclamée le 31 août 1798 à la suite de la bataille de Castlebar. Deux semaines après leur victoire de Ballinamuck le 8 septembre 1798, les Anglais reprirent Killala. La République du Connacht n'existait plus. John Moore, son président, fit partie de ceux qui furent jugés hâtivement et pendus.

La deuxième expédition, forte de 3 000 hommes, est arrêtée en mer près de l'île de Toraigh le 12 octobre et Wolfe Tone est fait prisonnier, se tranche la gorge pour ne pas être pendu et meurs le 19 novembre 1798.

L'insurrection fut suivie d'une grande répression. Le bilan de l'insurrection est estimé à 10 000 morts et plus de 20 000 blessés, quasiment tous des insurgés. Les gouvernementaux ont perdu 530 hommes. Près de 500 irlandais sont condamnés à mort et exécutés et 600 autres sont déplacés.

Le 27 octobre, le capitaine Savary, qui avait débarqué Humbert à la pointe de Kilcummin, se présente en baie de Killala avec trois frégates, une corvette et 2 000 hommes de troupe qu’il parvient à ramener en France tant bien que mal. C’en est fini des tentatives de descente française en Irlande. N’eût-il pas été préférable de concentrer des moyens sur ce théâtre d’opération au lieu d’aller s’enliser dans les sables d’Égypte ? Dans son Histoire de l’Armée britannique, Sir John Fortescue n’hésite pas à répondre par l’affirmative : « Un Français véritablement patriote n’aurait jamais dû détourner son regard de l’Irlande, où cinq milles hommes seulement, débarqués au moment opportun, auraient été infiniment plus dangereux pour l’Angleterre que trente mille en Egypte. »

Troisième phase : l’insurrection de 1803
En 1803, une délégation irlandaise menée par Robert Emmet rencontre Napoléon avec le secret espoir qu'il leur donne une armée et des armes pour chasser les britanniques qui viennent de rompre la paix d'Amiens le 18 mai 1803. Napoléon refusera, préférant une attaque directe en Angleterre qu'il préparera au Camp de Boulogne.

Emmet regagne l’Irlande et organise une révolte avec l’aide d’autres révolutionnaires, récupérant fusils et munitions aux 4 coins de Dublin. Le soulèvement a lieu le 23 juillet 1803 dans les rues de Dublin mais, trop mal organisée et de par l’inexpérience des belligérants, elle ne peut déboucher en dépit de combats d’une extrême violence. Emmet ordonne la fin de l’insurrection et tente de s’enfuir, mais il est capturé avec sa compagne Sarah Curran. Tous deux sont exécutés. Robert Emmet est finalement pendu et décapité le 20 décembre. Dans ses mémoires, Napoléon a regretté de n'avoir pas saisi l'occasion.
.


E7.1 – Les armées révoltées irlandaises


E7.2 – Les armées britanniques contre-révolutionnaires

.

.

Retour à la liste des listes d'armées

..

Retour à l'accueil de la règle

Retour au menu des figurines

Retour au menu général

© Vincent Herelle 2020