Révolution et Empire

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La Règle “JOMINI”– Listes d'Armées

Liste L3 : Royaume des Bourbons de Naples et Sicile

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Voici les listes d'armées pour ce ou ces pays.
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Histoire.
Le royaume de Naples est né de la scission de fait du royaume de Sicile provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d'Anjou, chassé de l'île de Sicile, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume. Le roi Robert Ier en fit un des centres culturels de l'Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. Au XIVe siècle, la dynastie angevine se disputa le trône jusqu'à la mort de Jeanne la folle. En 1442, le roi Alphonse V d'Aragon s'empare de Naples et de la Sicile et se fit nommer Rex utriusque Siciliae (« Roi des Deux-Siciles »), dépendance de la Couronne d'Aragon. Son fils bâtard Ferdinand lui succéda et son fils Alphonse II fut chassé en 1495 par Charles VIII de France, descendant des Angevins, ce qui amena les guerres d'Italie. Ferdinand II d'Aragon reforma le royaume des Deux-Siciles en deux entités séparées, chacune étant gouvernée par son vice-roi. La mainmise Habsbourg ne fut plus réellement menacée, en dépit des revendications de la maison de la Trémoille, soutenue par Louis XIII puis Louis XIV. Les traités d'Utrecht en 1713 et de Rastatt en 1714 attribuent la Sicile insulaire au duc de Savoie, Victor-Amédée II et Naples à l'empereur Habsbourg d'Autriche Charles VI, qui, en 1720, échange à Victor-Amédée II la Sicile contre la Sardaigne. Les Bourbons d'Espagne reviennent en 1734 dans le cadre de la guerre de Succession de Pologne et Naples devient la capitale des deux royaumes séparés. En 1738, l'Autriche cède définitivement et officiellement à Charles III d'Espagne le royaume de Naples, le royaume de Sicile et l'État des Présides (petit territoire italien entre Naples et la Toscane) lors du Traité de Vienne. En 1759, Charles III devenu roi d'Espagne donne les trônes de Sicile et de Naples à son fils cadet âgé de 8 ans, Ferdinando, sous les noms de Ferdinand III dans la partie insulaire et de Ferdinand IV dans la partie péninsulaire. Il est le fondateur de la maison de Bourbon-Siciles.

En janvier 1799, Naples est occupée par l'armée française d'Italie et la République parthénopéenne est proclamée à Naples par des jacobins napolitains qui souhaitent en faire une république sœur de la Première République française. Une révolte populaire, royaliste et catholique, le sanfédisme, dirigée par le cardinal Ruffo et soutenue par la Grande-Bretagne, rétablit la monarchie le 24 juin. Les principaux chefs de l'éphémère république napolitaine sont exécutés.

Ferdinand s'était allié avec la Troisième Coalition contre Napoléon en 1805, ce qui entraîne l'invasion du royaume par les armées impériales qui après la victoire sur les Napolitains à Campo Tenese, installe Joseph Bonaparte sur le trône de Naples. Ferdinand fuit vers la Sicile où il maintiendra son pouvoir à Palerme . Quand deux ans plus tard Joseph est envoyé en Espagne, il est remplacé à Naples par sa sœur Caroline et son beau-frère, le maréchal Joachim Murat (Joachim Ier). Les tentatives successives de Murat pour envahir la Sicile échouent. L'île est défendue par les Britanniques et Ferdinand participe aux coalitions successives (quatrième, cinquième et sixième) contre Napoléon. En 1812, après une révolte en janvier 1810, le roi Ferdinand proclame une constitution libérale en Sicile.

Après la défaite de Napoléon en 1814, Murat conclut une entente avec l'Autriche et conserve le trône de Naples, malgré les protestations de Ferdinand et de ses partisans. Cependant, la plupart des autres puissances, en particulier la Grande-Bretagne, lui sont hostiles. Murat dépend du soutien incertain de l'Autriche et sa position devient de moins en moins sûre. En 1815, lorsque Napoléon revient en France pour les Cent-Jours, Murat se rallie à lui. Par la proclamation de Rimini il s'allie aux nationalistes italiens dans l'espoir de sauver son royaume. La guerre napolitaine qui suit entre Murat et les Autrichiens est de courte durée et se termine par la victoire décisive des forces autrichiennes à Tolentino. Murat est forcé de fuir, puis est capturé et exécuté à Pizzo, en Calabre, le 13 octobre 1815. Ferdinand réunifie son royaume.

Les Britanniques, qui avaient établi en Sicile un protectorat de fait qu'ils auraient perdu après l'unification des deux royaumes, s'opposent à l'unification définitive des deux royaumes mais doivent céder lors du Congrès de Vienne. Le gouvernement britannique abandonne ses prétentions sur la Sicile. Le 8 décembre 1816, le roi proclame à Caserte un décret (plus tard appelé loi fondamentale du royaume) qui unifie les royaumes de Naples et de Sicile, en supprimant ces deux précédentes entités, pour créer le royaume des Deux-Siciles, le plus grand État de la péninsule italienne. Il abandonne par la même occasion les noms de Ferdinand IV de Naples et de Ferdinand III de Sicile pour adopter celui de Ferdinand Ier des Deux-Siciles. La Sicile perd ainsi la Constitution libérale qu'il lui avait accordée en 1812 et devient une province du royaume. Ferdinand, devenu Ferdinand 1er des Deux-Siciles, maintient une grande partie des réformes faites par les Français et le Code Napoléon devient le Code du Royaume des Deux-Siciles.

Peu à peu se fonde une société secrète, les « carbonari », dont les buts sont, en premier lieu, la ratification d'une constitution par le roi mais également, par la suite, l'unification de l'Italie. Le 2 juillet 1820 commence une révolte menée par le général Guglielmo Pepe. Le roi Ferdinand Ier est obligé d'accorder la constitution le 7 juillet 1820. Une révolte éclate aussi en Sicile demandant, outre une constitution libérale, un gouvernement séparé pour la Sicile. Après des mesure conciliantes, la répression est menée après le 14 octobre par le général Pietro Colletta qui mate rapidement la révolte indépendantiste. En janvier 1821, les puissances de la Sainte-Alliance autorisent une intervention dans le royaume des Deux-Siciles. En février, 52 000 soldats autrichiens passent le Pô et occupent les principales villes de l'Italie centrale. Le 9 février 1821, le roi Ferdinand Ier révoque la constitution accordée quelques mois plus tôt. Le 7 mars 1821, les constitutionnalistes commandés par Guglielmo Pepe, forts de 40 000 hommes, sont battus à la bataille de Rieti par les autrichiens qui entrent à Naples sans rencontrer de résistance le 23 mars puis à Palerme le 31 mai1. Le royaume des Deux-Siciles, de nouveau devenu une monarchie absolue dirigée pleinement par Ferdinand Ier, reste sous occupation autrichienne jusqu'en 1827.

Le 4 janvier 1825, le roi Ferdinand Ier décède à l'âge de 73 ans. Son fils François Ier monte sur le trône. La politique dans tout l'État reste réactionnaire, à l'opposé des attentes des libéraux et progressistes. En 1827, François Ier obtient l'évacuation du royaume par l'armée autrichienne. Il réorganise les forces armées royales des Deux-Siciles. Une nouvelle insurrection dans le Cilento lancée le 28 juin 1828 pour demander le rétablissement de la constitution de 1820 est écrasée. Le roi François Ier meurt le 8 novembre 1830. Son fils Ferdinand Charles Marie, âgé de seulement 20 ans, lui succède sous le nom de Ferdinand II. Son règne est marqué par le conflit avec la Grande-Bretagne sur le monopole des soufres siciliens, suite à un traité du 26 septembre 1816. Le conflit, essentiellement maritime, dure du 14 avril au 26 avril 1840. C'est aussi le temps des révoltes libérales, en Calabre après 1843 et en 1847 à Messine, à Reggio et dans le district de Gerace. Tout est terminé le 2 octobre 1847. La révolution de 1848 est la première en Europe, à Palerme le 12 janvier 1848 et dès la fin janvier, toute l'île est aux mains des insurgés, à l'exception de la ville de Messine. Le nouvel État de Sicile survit seize mois en tant qu'État indépendant.Au début du mois de mai 1849, le roi Ferdinand II envoie le prince napolitain Carlo Filangieri reprendre de force le plein contrôle de l'île. Le 15 mai, Palerme tombe et avec elle toute l'île. Le roi Ferdinand II décède finalement le 22 mai 1859 à Caserte après 28 ans de règne. Son fils aîné François II lui succède pour un court règne d'un an et huit mois, pris entre les pressions de la France et la Grande-Bretagne pour obtenir une monarchie constitutionnelle et celles de l'empire d'Autriche, le royaume de Prusse et l'empire russe, beaucoup plus conservateurs.

La victoire franco-sarde lors de la bataille de Magenta encourage les libéraux napolitains à se rebeller en juin 1859. Le ministre piémontais Camillo Cavour envoie un émissaire pour faire accepter une constitution à François II mais ce dernier refuse. La situation est de plus en plus tendue en Italie et en juillet, les soldats de la milice suisse se révoltent à Naples, tandis que la deuxième guerre d'indépendance italienne débute dans le nord de la péninsule. Le 11 mai 1860, Giuseppe Garibaldi et l'expédition des Mille débarquent à Marsala, dans l'ouest de la Sicile. Le 14 mai 1860 à Salemi, Garibaldi déclare assurer la dictature de la Sicile au nom du futur roi d'Italie Victor-Emmanuel II de la dynastie de Savoie. Garibaldi prend rapidement toute la Sicile sauf Messine , assiégée le 27juillet. Garibaldi débarque en Calabre le 19 août mais l'armée des Bourbons, se rend sans combattre. Le 5 septembre, François II quitte Naples pour sauver la capitale de la destruction, conscient de la trahison de ses troupes. Le 7 septembre, Garibaldi entre dans Naples. Accueilli en libérateur, il prend possession du royaume. Le roi François II et les restes de l'armée qui lui est fidèle se retranchent dans ses derniers bastions de Gaète, de Messine et de Civitella del Tronto. Les armées piémontaises d'Enrico Cialdini assiègent Gaète du 5 novembre 1860 au 13 février 1861. Malgré le comportement héroïque de la jeune reine Marie-Sophie et l'opposition de ses frères, François II se voit obligé de capituler et les derniers Bourbon-Siciles partent en exil à Rome. Le royaume des Deux-Siciles cesse réellement d'exister le 20 mars 1861 avec la prise de la forteresse de Civitella del Tronto.
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L3.1 - Royaume de Sicile-Naples (1734 - 21 janvier 1799)


L3.2 - La République parthénopéenne (21 janvier - 24 juin 1799)


L3.3 - Royaume de Sicile-Naples ( 13 Juin 1799 – 31 mai 1808)


L3.4 - Royaume de Sicile (1808-1816)


L3.5 - Royaume des Deux-Siciles (1816 - 1830)


L3.6 - Royaume des Deux-Siciles (1830 - 20 Mars 1861)

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