Révolution et Empire

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La Règle “JOMINI”– Listes d'Armées

Liste L6 : Les Etats du Pape

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Voici les listes d'armées pour ce ou ces pays.
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Histoire.
Les États pontificaux ont été instaurés en 754 par Pépin le Bref. Ces États s'accrurent en 1115 par l'héritage de la comtesse Mathilde de Toscane. La paix de Venise de 1177 consacre l'indépendance des États du pape vis-à-vis du Saint-Empire. Les États pontificaux atteignent leur extension maximale au milieu du 13ème siècle avec sept provinces : Rome, Campagne, Maritime, Toscane (en partie), Sabine, Marche d'Ancône et Duché de Spolète, plus les enclaves de Bénévent et de Pontecorvo dans le royaume de Naples, Avignon et le Comtat Venais sin.

Après la conclusion de la paix de Lodi (1454), les États pontificaux se sont dotés d'une armée stable de 8 000 à 10 000 hommes, surtout mercenaires, appuyés par des milices locales et dotés d'armes à feu et d'artillerie, avec une cavalerie lourde et légère. Elle inclut aussi des brigands montagnards de Romagne, d'Ombrie et des Abruzzes. Ce n'est plus le Pape qui la mène en personne mais le Capitaine Général de l'Église, longtemps un neveu du pape. A partir du 17ème siècle, cette armée négligée a décliné au point qu'avec quelques milliers de soldats pour défendre les places, elle a été incapable de s'opposer aux puissances européennes lors des guerres de succession du 18ème siècle et de la Révolution française.

Avignon et le Comtat Venaissin sont annexés par la France en 1791 et cédés officiellement par le traité de Tolentino de 1797. En 1796, c'est la Campagne d'Italie du général Bonaparte, qui entre dans les Etats le 31 Janvier 1797. Le 4 février 1797, Bonaparte remporte facilement la Bataille de Faenza et occupe Ancône le 9 février. Par le Traité de Tolentino, le 17 février 1797, le Saint-Siège abandonne la moitié de son territoire. Le 6 février 1798, les troupes françaises entrent dans Rome. L'armée est dissoute le 11. Le pape Pie VI quitte Rome dans la nuit du 19 au 20 février 1798. La République romaine est proclamée. Pie VI réfugié dans la chartreuse de Florence, est fait prisonnier et emmené par les troupes françaises à Bologne, puis à Parme, Turin, Grenoble, et enfin Valence où, épuisé, il meurt le 29 août 1799. En septembre 1799, les troupes napolitaines reprennent Rome. Les États pontificaux sont restaurés en juin 1800 pour le pape Pie VII. Ils sont de nouveau envahis par les Français en 1808 et annexés à l'Empire français le 17 mai 1809.

Les États pontificaux sont rétablis en 1815 au congrès de Vienne mais son armée doit se limiter à la défense des places. Elle atteint 6 000 hommes en 1830. En 1848, Le Saint-Siège envoie un corps de 7 500 hommes à la frontière, rapidement renforcée à plus de 13 000 hommes par des unités de volontaires, de Bologne notamment, théoriquement pour protéger la frontière, mais son général s'associe aux états italiens qui veulent rejeter le joug autrichien et subit une défaite. Le 15 novembre 1848, le chef du gouvernement Pellegrino Rossi est assassiné. L'émeute qui s'ensuit provoque la fuite du Pape à Gaëte et la proclamation de la République Romaine. L'armée française intervient avec 6 000 hommes commandés par le général français Nicolas Charles Victor Oudinot pour restaurer le pape (26 avril - juillet 1849). L'armée est officiellement démantelée et la France maintient une garnison armée pour la défense de Rome.

Après 1850, l'armée commence à être reconstituée pour maintenir l'ordre public, tandis que les français occupent les provinces centrales et les autrichiens le nord. En mars 1859 éclate la 2ème Guerre d'Indépendance Italienne qui entraîne le départ de l'Autriche et royaume sarde. Le 19 mai 1860, après d'autres incidents où le contingent français n'a pas bougé, Pie IX ordonne la reconstitution d'une armée organisée, confiée au général français Christophe Louis de Lamoricière qui s'était distingué en Algérie contre Abd el-Kader. On enrôle des soldats de toute l'Europe, 20 000 dont plus de 6 000 italiens, 5 000 Autrichiens, 3 000 irlandais, des polonais, belges, suisses et néerlandais. Les bataillons sont organisés par nationalité : les tirailleurs étaient franco-belges, la police, allemands; les autrichiens les tireurs d'élite et une Irish Brigade dont la devise était : « Nous nous sommes battus pour le Pape et l'Irlande catholique ». A été aussi formé un bataillon de gendarmes de Bologne. En septembre, cette armée repousse à Spolète l'armée piémontaise des généraux Cialdini et della Rocca, mais est battue par les piémontais à Castelfidardo, ce qui amène la perte de la Marche, l'Ombrie et le Sabium. Les français n'avaient pas bougé. Le Saint-Siège commence une nouvelle réorganisation de l'armée avec la création du régiment des zouaves pontificaux (1er Janvier 1861).

En 1864, suite à un accord avec le Royaume d'Italie, les Français vont retirer leurs troupes stationnées à Rome en deux ans. Le Saint-Siège reçoit de l'argent, des armes et des légions de volontaires de nombreux pays européens. En France est créée la « Légion d'Antibes », 1 100 hommes, pour la plupart français, sous le commandement du colonel D'Argy. Les volontaires ont afflué à Rome avec leurs familles, qui ont fourni des chevaux et de l'argent pour l'équipement. Il y a même eu des volontaires du Canada et des États-Unis. En 1870, l'armée papale comprend 3 000 français, 3 000 italiens, 1 000 suisses, 700 belges, 900 néerlandais, 600 allemands, 600 autrichiens, 300 canadiens français, 4 tunisiens, 3 Syriens, 2 suédois, 2 brésiliens, 1 marocain, 1 péruvien, 1 mexicain, 1 néo-zélandais et 100 divers.

Le dernier régiment français a quitté le port de Civitavecchia le 12 décembre 1866. Les zouaves pontificaux les remplacent à Rome. En 1867, l'armée papale comptait 13 000 hommes et 912 canons. Les deux tiers des soldats étaient des Italiens. La fonction principale de l'armée était la défense contre les partisans Garibaldi, puisqu'elle ne pouvait valablement s'opposer à l'armée italienne, 4 fois plus nombreuse. Le Pape espérait une intervention des puissances catholiques. Le 3 novembre, l'armée papale repousse 9 000 garibaldiens à la bataille de Mentana, tandis que la France a envoyé une division de 9 000 hommes, dont 4 000 restèrent dans le pays.

A l'aube du 12 Septembre 1870, l'armée italienne commence à envahir le pays avec 3 divisions. La 12ème Division du Général De La Roche est en vue de Rome le 14 septembre et envoie un ultimatum. La fin des États pontificaux était inévitable et le Pape ordonne aux soldats de faire une résistance symbolique pour montrer au monde que le Saint-Siège n'a pas abdiqué, mais a été envahie par une armée d'occupation. L’attaque commence au canon le 20 septembre à 5 heures du matin. Le comité de défense a pris note de l'impossibilité de continuer la défense et a ordonné aux soldats d'arrêter les combats.

L'armée du pape est dissoute. Ne demeurent que la Garde Suisse, la Garde Palatine, la Garde Noble et une fraction de la Gendarmerie Pontificale, plus les soldats vétérans de la garde du Château Saint-Ange. Les autres troupes sont licenciées, les étrangers rapatriés chez eux, les italiens prisonniers dans des conditions très dures sauf une centaine acceptant d'intégrer les troupes italiennes. La « Légion d'Antibes », ramenée à Toulon, a combattu contre la Prusse comme « volontaires de la Légion de l'Ouest » sous l'uniforme et le drapeau du Pape, sur la Loire puis au Mans. L'unité a été dissoute le 13 août 1871 à la fin de la guerre.

Les États pontificaux ne seront dissous officiellement que le 20 septembre 1900 par le pape Léon XIII qui se cloître au Vatican. L'État de la Cité du Vatican est créé le 11 février 1929, par les accords du Latran avec Mussolini. Il est reconnu par cet ensemble de traités internationaux comme « État souverain de droit public international, distinct du Saint-Siège ». En 1970, le Pape Paul VI a officiellement dissous l'armée papale et a dissous la Garde d'Honneur de Sa Sainteté (la Garde Noble) , la Garde Palatine d'honneur et la Gendarmerie Pontificale, ne conservant que la Garde Suisse pontificale, une compagnie ayant rang de régiment.
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L6.1 – États pontificaux (1700-1798)


L6.2 - La Première République Romaine (15 février 1798 - 30 septembre 1799)


L6.3 - États pontificaux (1800-1808)


L6.4 - États pontificaux (1815-1848)


L6.5 - La Deuxième République Romaine ( novembre 1848 - juillet 1849)


L6.6 – Évolution de l'armée des états pontificaux après 1848

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