Révolution et Empire

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La Règle “JOMINI”– Listes d'Armées

Liste Q3 : Mexique

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Voici les listes d'armées pour ce ou ces pays.
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Histoire.
L'aire géographique du Mexique a connu, avant l'arrivée des européens les civilisations Olmèques, Mayas, Zapotèques, Mixtèques, Toltèques, Tarasques, Aztèques, entre autres. En 1519, Hernán Cortés débarqua près d'une ville qu'il rebaptisa Villa Rica de la Vera Cruz. Après un premier accueil favorable, les Aztèques lui menèrent une guerre terrible qui finit par la prise et la ruine de Tenochtitlan en 1521. Les espagnols à partir de là prirent quasiment toute l'Amérique Centrale et du Sud.

La population du Mexique comprenait les indiens, seulement 1 million restant au 17ème siècle, les métis, enfants issus de mariages mixtes entre Européens et indigènes, les créoles (« criomos »), enfants des Espagnols nés dans la colonie. Le Mexique s'étendait sur le Mexique actuel, le Guatemala et tout le sud-ouest des Etats-Unis. Le renversement du Roi d'Espagne par Napoléon 1er en 1808 crée un conflit, le Mexique étant formellement dépendant de la Couronne de Madrid, gouvernée par Joseph Bonaparte, mais contestée par la Junte de Séville, tandis que certains libéraux prônaient l'indépendance totale du pays. Les criollos et des indigènes se révoltèrent de 1810 à 1811 sous la direction de Miguel Hidalgo, battu par les royalistes commandés par Trujillo et Calleja, puis fusillé. La révolte est reprise par Guerrero en 1812 mais rien ne réussit jusqu'à ce que le Vice-roi espagnol décrète une amnistie générale.

Le 13 septembre 1813, une déclaration d'indépendance fut approuvée et une première Constitution rédigée par le « Congrès de Chilpancingo » mais ne fut pas acceptée par le Roi d'Espagne restauré. La révolte continua sous forme de guérilla dans les collines. En décembre 1820 que le vice-roi Juan Ruiz de Apodaca envoie une force menée par un officier royaliste créole, Agustín de Iturbide, combattre l'armée de Guerrero à Oaxaca. Sous l'influence de la révolution libérale qui a alors lieu en Espagne, Iturbide, personnification des valeurs conservatrices, s'associe à Guerrero et instaure le 24 février 1821 le plan d'Iguala qui proclame l'indépendance et l'égalité sociale entre Espagnols et créoles, avec la religion catholique romaine comme seule religion du pays.

Le 21 juillet 1821, le nouveau Vice-roi Juan O'Donojú découvre que tout le pays, à l'exception de Vera Cruz, Mexico et Acapulco, soutient le plan d'Iguala et Agustín de Iturbide. Il parvient à un accord et permet l'évacuation sans drame des troupes espagnoles. Le 24 août 1821, le traité de Córdoba confirma l'indépendance du Mexique, proclamée le 27 septembre 1821 par O'Donojú et Iturbide. Le 21 mai 1822, le Congrès Mexicain proclame l'Empire Mexicain et nomme Iturbide Empereur Constitutionnel, couronné le 21 juillet 1822 sous le nom d'Augustin Ier. Marqué par une corruption phénoménale, son règne ne dura que quelques mois. Il est renversé en mars 1823. S'ensuivirent troubles et guerres civiles.

Entre 1821 et 1850, cinquante gouvernements se succédèrent, reflétant l'instabilité politique du pays. Le 1er juillet 1823, le Guatemala et le Honduras, annexés en 1821, se séparent définitivement du Mexique. En 1824, le général Victoria instaure la république et en devient le premier président. En 1829, une armée espagnole tente un débarquement à Tampico, battus par Santa Anna le 11 septembre. Mais la déchirure se produit le 15 décembre 1835 quand sont proclamées « Les Sept Lois » (lois constitutionnelles) qui transforment le pays d'un état fédéral en un état centralisé. Plusieurs états fédéraux le refusent et déclarent leur indépendance, le Zacatecas en 1835, vaincu par l'armée de la République mexicaine, puis le Texas le 2 octobre 1835. En décembre 1835, Santa Anna lance son armée sur le Texas pour mater la révolte. 200 texans sont massacrés à Fort Alamo en mars 1836 et les 400 hommes du colonel Fanin à Goliad. Le 22 avril 1836 à San Jacinto, 800 texans attaquent par surprise les 1 400 mexicains de l'avant-garde pendant la sieste et les mettent en déroute. Santa Anna capturé accepte l'indépendance de la République du Texas, ultérieurement annexée aux États-Unis, par le traité de Velasco du 14 mai 1836, reconnu par le Mexique en 1848. Santa-Anna est renversé. A noter que le premier vice-président de la République du Texas était un Mexicain fédéraliste né au Yucatán, Lorenzo de Zavala.

En 1838, une flotte française envoyée par Louis-Philippe bombarde Saint-Jean d'Ulua puis se présente à Veracruz, défendue par le général Antonio López de Santa Anna qui y perd une jambe mais relance sa carrière. Cet épisode a été nommé « guerre de la pâtisserie ». En 1840, les départements de Nuevo Leon, Coahuila et Tamaulipas déclarent leur indépendance comme République du Rio Grande. Cette indépendance est écrasée mais sera à l'origine d'une guerre avec les États-Unis. Enfin, toujours suite à la politique centraliste de Mexico, le Yucatán déclare son indépendance en 1840 comme République du Yucatán.

En 1825, le Yucatán, héritier des Mayas, s'était érigé en république fédérée associée au gouvernement du Mexique avec une constitution et des lois particulières. Il fut le premier État au Mexique à décréter la liberté de culte. Quand en 1835, les centralistes prennent le pouvoir et envoient les paysans yucatèques à la guerre contre le Texas, les fédéralistes se soulèvent contre le gouvernement mexicain. En février 1840, les troupes fédéralistes proclament l'indépendance du territoire yucatèque, validée le 1er octobre 1841 par la Chambre des députés locale. En octobre 1841, Santa Anna renverse le président Anastasio Bustamante et revient au pouvoir. Il négocie avec les yucatèques mais en vain. Le drapeau mexicain est amené et remplacé par le drapeau yucatèque.

Santa Anna envoie des troupes, sans succès devant la mobilisation des mayas, mais bloque aussi le commerce du Yucatán, ce qui le ruine. Finalement, un accord est trouvé le 5 décembre 1843, laissant au Yucatán une pleine autonomie tout en réintégrant le Mexique. En février 1844, le président Herrera dénonça les lois exceptionnelles. Fin 1845, le Congrès mexicain condamna les conventions de décembre 1843. Le 1er janvier 1846 l'Assemblée Départementale du Yucatán relança l'indépendance. Le 25 septembre 1846, le gouvernement mexicain rétablit la Constitution fédéraliste de 1824 et reconnaît les traités de 1843 entre le Mexique et le Yucatán, La guerre avec les États-Unis se doublera d'une guerre civile au Yucatán entre Campeche et Mérida d'une part, entre les Mayas et la population blanche et métisse. En 1848, la guerre des castes s'était développée dans toute la région et était en passe d'amener l'extermination de la population blanche et métisse. Après avoir demandé, en vain, l'intégration aux Etat-Unis, le Yucatán réintégra finalement le Mexique en juillet 1848

Les États-Unis, voulant s'agrandir après avoir intégré le Texas en 1845, proposèrent d'acheter des territoires du nord du pays. Le Mexique n'était pas contre si la frontière restait au rio Nueces; les Américains réclamaient le pays jusqu'au rio Grande del Norte. Les pressions furent telles que le 16 juillet 1845, le Mexique déclara la guerre. Tous les efforts de négociation échouèrent et le 30 décembre 1845 une révolution substitua au président Herrera le belliqueux général Paredes. Les américains du rio Nueces écrasèrent le général mexicain Ampudias le 8 mai à Palo-Alto et prirent Matamoros le 18. Paredes fut renversé et Santa-Anna, rappelé de la Havane, fut nommé généralissime le 1er octobre 1846. Les États-Unis; pendant cette pause, s'étaient organisés. Quatre armées envahirent le Mexique dont l'armée même réorganisée par Santa-Anna, restaient très démodée et faible. Après la prise de Veracruz le 29 mars 1847 et la résistance héroïque de Puebla, les victoires des américains à Contreras et Churubusco (19-20 août) ouvrirent la route de Mexico qui tomba le 14 septembre 1847. Santa Anna part en exil le 16 septembre 1847. En dépit d'un soulèvement de Paredes prêchant la lutte à outrance, le nouveau président Manuel de la Peña y Peña dut signer le traité de Guadalupe Hidalgo (2 février 1848), qui mit la frontière au rio Grande del Norte, annexant au Texas les portions des États de Tamaulipas, Cohahuila et Chihuahua sises sur la rive gauche du fleuve. En outre, les États-Unis prenaient le Nouveau-Mexique et la Nouvelle-Californie en échange d'une indemnité dérisoire de 15 millions de dollars. Le Mexique perdait ainsi 1 650 000 km².

Après la guerre contre les États-Unis, les choses ne firent qu'empirer. Les États de Vieille-Californie, Sonora, Sinaloa, Chihuahua, Cohahuila, Tamaulipas proclamèrent leur sécession le 16 juin 1849, rapidement arrêtée. Le général Mariano Arista, nouveau président vit la rebellion du colonel Carbajal, chef de la garde nationale, en septembre 1851. Arista fut renversé par le général Cevallos (1852) qui rappela Santa-Anna, réfugié à la Jamaïque, qui fut nommé dictateur le 16 décembre 1853. Devant de nouvelles révoltes, Santa-Anna dut partir à Cuba en août 1855. Les années suivantes virent révolutions sur révoltes. Le 14 janvier 1861, Benito Juarez, avocat d'origine indienne, qui se vantait de descendre des anciens chefs aztèques, entrait à Mexico comme chef des libéraux dans l'opposition aux conservateurs soutenus par l'Eglise dont Juarez vendait les biens pour payer les dettes que le pays avait accumulé envers les pays européens.

Le Mexique devait 70 millions de pesos à l’Angleterre, 9 millions à l’Espagne et 3 millions à la France. Mais, les caisses du Mexique étant vides, Juárez décida en juillet 1861 de suspendre pour deux ans le paiement de la dette extérieure. Avec la loi de nationalisation des biens ecclésiastiques et de suppression des ordres religieux, les conservateurs firent appel aux Européens, qui se décident à intervenir militairement. L'affaire se réglera rapidement avec l'Espagne et l'Angleterre. La France, l'Autriche et la Belgique envoyèrent en 1862 une expédition militaire et mirent en place avec la bourgeoisie mexicaine l'Empire de Maximilien de Habsbourg. En mai 1863, les français prennent Puebla et progressent jusqu'à Mexico d'où Juárez s'était enfui vers le Nord.

En juillet 1863, une « assemblée de notables » conservateurs nomment l'archiduc d'Autriche Maximilien de Habsbourg Empereur du Mexique. Juarez fut nommé dictateur le 1er juillet 1864 par un Congrès élu au nord du pays. En février 1865, Oaxaca est rendue par Porfirio Díaz. Pour lutter contre la guérilla se mit en place la contre-guérilla du colonel Du Pin. Mais en avril 1865, avec la fin de la guerre de Sécession, les Etats-Unis soutinrent Juárez. La France suivit l'Autriche et la Belgique et retira ses troupes en février 1867. En juin 1867, l’empereur Maximilien avait refusé d’abdiquer. Fait prisonnier et condamné à mort, il fut exécuté avec ses généraux Miramón et Mejía le 19 juin 1867, à Santiago de Querétaro. Mais Juarez ne dura guère. A noter que Santa Anna avait proposé de reprendre du service pour son pays envahi par l'étranger mais avait été refusé. Le « Napoléon de l'Ouest » meurt pauvre et oublié en 1876 à Mexico,.

De 1876 à 1910, Porfirio Díaz se maintint à la présidence de Porfirio, succédant à 50 ans de troubles, de guerres et d'anarchie. Sa volonté de se maintenir au pouvoir amena la « Révolution mexicaine ». Ce fut l'époque de Francisco Madero, qui appela à la révolte le 20 novembre 1910, puis Emiliano Zapata qui lança le 11 mars 1911 la révolte des paysans du Morelos, les généraux Bernardo Reyes et Félix Diaz, le général Victoriano Huerta qui en 1913, renverse et assassine Madero, Pancho Villa. En mai 1911, Díaz quitta le pays. Après un conflit larvé avec les USA, Huerta quitte le pays en juillet 1914. Finalement, en 1916, Venustiano Carranza fut élu président et renversé en 1920 par le dernier coup d’État de la révolution, organisé par les partisans d'Obregón, qui fut ensuite élu président.

La chanson Santianna (Santa Anna) date de la guerre de 1846-48. Elle aurait été chantée pour la première fois par des marins anglais qui auraient combattu aux côtés de Santa-Anna. Celui-ci fit figure de héros aux yeux des Britanniques en combattant l'envahisseur venu des États-Unis. Avec des paroles très différentes elle est devenue Santiano en français.
« O ! Santianna fought for fame
Away Santianna !
And Santianna gained a name
All in the plains of Mexico ! »
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Q3-1 – Troupes des révoltes contre l'Espagne et révolte du Général Iturbide (1821)


Q3-2 – Empire du Général Iturbide (1822) puis République Mexicaine jusqu'à la Guerre du Texas


Q3-3 – Après 1836, 2ème armée de Santa Anna et Guerre Américano-Mexicaine

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